Avertissement ***
Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite chaleureusement à lire mon premier article: mes intentions.
Ce que j’écris ici est le fruit de mes observations, réflexions et analyses, de nombreuses discussions, de mes recherches, mais aussi de mes ressentis et de mon discernement qui me sont propres.
Je ne prétends pas détenir la vérité si ce n’est, la mienne, qui m’est tout à fait personnelle et qui est en constante évolution.
Permettez-moi de vous encourager à douter de mon contenu comme de n’importe quel autre contenu d’ailleurs.
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Cet article est disponible au format audio et visuel en allant sur la chaîne Youtube les roses de Juliette:
👉 Quel devenir pour les utilisateurs de l’intelligence artificielle générative ?
Quel devenir pour les utilisateurs de l’intelligence artificielle générative ?
Introduction
Commençons par citer deux définitions de l’intelligence artificielle générative (IAg):
Définition 1 : selon le site internet officiel du gouvernement français, l’intelligence artificielle générative ou IAg est une intelligence artificielle capable de créer du contenu en s’appuyant sur des modèles d’apprentissage entraînés sur de vastes ensembles de données. Les applications sont très nombreuses et évoluent vite. Les IAg sont utiles pour : créer du contenu, assister dans la rédaction et la programmation, automatiser des tâches répétitives, augmenter la productivité et faire de la recherche.


Définition 2 : selon IBM, l’intelligence artificielle générative ou IAg est une intelligence artificielle capable de créer des contenus originaux (texte, images, vidéo, audio et/ou code logiciel) en réponse à l’invite ou à la requête d’un utilisateur.
ChatGPT, Gemini, MyAI et Meta AI font partie des intelligences artificielles génératives (IAg) les plus utilisées actuellement.
Lancé en 2022, selon les études statistiques, ChatGPT compte plus de 800 millions d’utilisateurs uniques par jour en juillet 2025. On nous a offert cet outil sans aucune recommandation ni mode d’emploi. Des millions de gens utilisent un outil sans probablement réfléchir aux conséquences sur leur psyché, sur leur santé, bref, sur tout leur être et sur la société.
Connaissons-nous, seulement, les intentions de ceux qui nous ont donné l’IAg gratuitement entre les mains ?
« Quand c’est gratuit, c’est que nous sommes le produit ». Alors, comment sommes-nous utilisés cette fois-ci ?
Il y a plein de sujets qui m’interpellent et me passionnent et dont je vais parler dans les articles suivants, mais il me semblait important de commencer par celui de la technologie et, en particulier, celui de l’intelligence artificielle générative (IAg). Pourquoi ?
Parce que ce sujet très actuel sur lequel nous avons peu de recul nous touche tous qu’on le veuille ou non. Et, il est autant inconscient de l’utiliser sans mener une réflexion sur les conséquences d’un telle technologie dans nos vies que de vouloir nier l’existence de l’IAg en faisant l’autruche. De ce fait, il me semble important de mettre de la conscience sur ce sujet en en parlant et en confrontant nos points de vue.
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Partie 1 : les utilisateurs de l’intelligence artificielle générative : mes observations
Il y aurait tant à dire sur l’intelligence artificielle générative. Je vais me contenter de vous partager ici les points qui me semblent clefs ou en tout cas qui sont, à ce jour, les plus visibles selon moi.
J’observe le comportement des individus vis à vis de l’utilisation de l’IAg et de ChatGPT notamment, depuis son entrée dans la sphère publique avec beaucoup d’attention. Les premiers mois, quand on me parlait des prouesses de cette technologie, j’exprimais de la tristesse et de la colère mêlées à une densité de mots inintelligibles. Pourquoi ? Car, contrairement à mon interlocuteur, je pressentais déjà les effets destructeurs à long terme et non dits publiquement de l’introduction de l’IAg dans nos vies.

Ces alertes que je pressentais viennent sans doute de mon parcours d’ingénieur biomédical et d’entrepreneur.
Un dispositif biomédical correspond à tout instrument, appareil, équipement, matière, produit (à l’exception des produits d’origine humaine), y compris les accessoires et logiciels, utilisé seul ou en association, à des fins médicales chez l’homme, et dont l’action principale voulue n’est pas obtenue par des moyens pharmacologiques, immunologiques ou métaboliques.
On peut citer par exemple les pacemakers, les prothèses, les seringues, les scanners ou encore les implants. En parlant d’implant justement, stagiaire à l’UCL ( University College of London), j’ai travaillé sur un tel dispositif dont l’intention était de l’introduire dans la moëlle épinière afin de restaurer la fonctionnalité de marche défaillante des personnes paralysées. J’ai également travaillé sur un logiciel pour aider les patients présentant des défaillances de mémorisation et d’orientation à gérer leur prise médicamenteuse. J’ai aussi réalisé une étude de marché sur les technologies de radiothérapie intra-opératoire pour guérir le cancer du sein.
Une fois diplômée, j’ai travaillé à Kansas City, New York City, Paris et Londres pour une pour start-up qui conçoit un jouet robot pour les enfants autistes. Je reviendrais sur ce projet un peu plus loin dans cet article. J’ai aussi créé et développé le service client d’une entreprise qui conçoit une caméra pour prendre des photos du corps humain qui sont ensuite reconstruites en trois dimensions par un logiciel. Les clients avec qui j’intéragissais notamment, pour la gestion d’études cliniques, étaient les gros laboratoires pharmaceutiques tels que GSK, Novartis et Pfizer ainsi que les chirurgiens esthétiques du monde entier. A Londres, j’ai travaillé pour une start-up qui développe une plateforme en ligne permettant aux professionnels de santé et à leurs patients d’échanger des données médicales. Mon rôle était de déployer la solution dans toute l’Angleterre en formant les équipes médicales. Par la suite, j’ai développé un projet qui aidait les concepteurs de site internet à les rendre davantage accessibles pour des personnes en situation de handicap.
Pendant ces années, j’ai participé en France, aux Etats-Unis et en Angleterre à des congrès de médecins payés par les entreprises pharmaceutiques où les cadeaux coulent à flot ainsi qu’à des salons et conférences divers et variés liés au marché des dispositifs biomédicaux.
J’ai découvert les différents acteurs tels que les laboratoires pharmaceutiques, les médecins et les différents professionnels de santé, les petites et grosses entreprises qui vendent des produits aux structures hospitalières, mais aussi les acteurs gouvernementaux qui soutiennent le développement des technologies biomédicales.
J’ai constaté les jeux de pouvoir, les défaillances et les intentions réelles de ces différents acteurs. Je me suis beaucoup questionnée sur l’éthique de ces différentes démarches et les valeurs défendues. J’ai bien vite compris que tout n’était pas rose dans ce milieu, et, que rare, très rare, étaient les entrepreneurs et dirigeants qui oeuvraient avant tout pour le bien de leurs utilisateurs.
J’ai toujours voulu aider les gens et c’est ce que je pensais faire en devenant ingénieur biomédical. Cependant, ce monde m’a honnêtement dégouté par son profond manque d’humanité.
La technologie n’apportera jamais la présence et la chaleur qu’un humain peut apporter à un autre humain. Par la déstructuration de la société et les différentes méthodes mises en place pour détruire le lien social, l’humain n’a jamais été aussi seul et n’a jamais autant manqué de chaleur humaine. C’est notamment grâce à ce constat que j’ai quitté le métier d’ingénieur pour me former à la musicothérapie et me rapprocher davantage de l’être.

Quand j’ai vu l’intelligence artificielle générative débarquer du jour au lendemain, j’ai voulu alerter les personnes qui venaient me parler de ce sujet. J’étais dépassée par mes émotions et ma sensibilité et, de ce fait, mon raisonnement partait dans tous les sens. De cette façon, je ne pouvais rien transmettre de pertinent et de compréhensible à personne.
C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser profondément à ce sujet et surtout à prendre de la hauteur sur mes émotions. J’ai observé avec beaucoup d’attention leurs utilisateurs notamment en ce qui concerne:
- L’utilisation qu’ils font de l’IAg
- Le positionnement des utilisateurs face à l’IAg

Je précise, et, c’est important, que les utilisateurs que j’ai observé sont dans la quasi-majorité des personnes qui sont au courant et alertent sur beaucoup de sujets liés, par exemple, à prendre soin de son alimentation et de sa santé physique, faire une démarche de travail sur soi, mais aussi d’aller vers une autonomie et une souveraineté personnelle.
La plupart de ces personnes, par exemple, ont refusé l’injection de la dernière pandémie et elles n’hésitent pas à remettre en question ce qui est véhiculé par les médias grands publics. Ces personnes sont donc à même de prendre du recul, de mener une réflexion et de se remettre en question.
Fort est de constater, qu’aujourd’hui, je remarque une redondance dans l’utilisation de l’IAg par ses utilisateurs ainsi que dans leur positionnement. Je vais maintenant aborder chacun de ces deux points.
L’utilisation de l’IAg
La mort de notre créativité ?
Les utilisateurs de l’IAg, quand ils la découvrent, vont réaliser à quel point cette technologie peut les aider dans des tâches rébarbatives et chronophages comme la comptabilité par exemple.
Puis, petit à petit, l’IAg va être utilisée pour rédiger des tâches plus complexes, comme la production de documents entiers que l’humain aurait créé avant par lui-même. J’ai vu des utilisateurs produire des articles entiers, le contenu de leur site internet, le texte de présentation de leur atelier ou carrément leur livre grâce à l’IAg. Il suffit de donner des instructions à l’IAg et, en moins de deux, elle produit le matériel demandé.
Quel gain de temps en effet. Mais pendant ce temps-là, l’individu n’a pas utilisé son esprit de créativité, de réflexion, de synthèse, de rédaction et de syntaxe. Il n’a pas mené une démarche d’introspection sur sa création. Car oui, on parle bien de la création de l’humain qui est relégué à une machine. L’humain se contente simplement d’envoyer une instruction à l’IAg puis il reçoit une réponse quasiment instantanément qu’il n’a qu’à éventuellement relire et à modifier. Si le résultat ne convient pas, l’utilisateur n’a qu’à donner une nouvelle instruction davantage ciblée.
J’ai un exemple qui me semble bien parlant concernant la mort de la créativité grâce à l’intelligence artificielle générative. J’ai rencontré un entrepreneur alerte sur beaucoup d’incohérences et de déviances de notre système et qui cherchait à développer une activité qui lui permettrait de gagner un peu d’argent. Il a eu l’idée de créer des carnets de coloriage pour adultes avec des mandalas et de les vendre sur Amazon. Quelle chouette idée !

J’imaginais déjà cet entrepreneur passer ses soirées à dessiner des mandalas qui seraient, un jour, coloriés par des hommes et des femmes au bord de la plage ou au coin du feu. Je l’imaginais choisir son matériel pour créer des mandalas puis faire différents tests de dessins, choisir lesquels il sélectionneraient pour son cahier de coloriage et dans quel ordre, il les placeraient. Je voyais déjà le cheminement intérieur de cet homme, qui grâce à sa création, pourrait se poser mille et une question sur lui-même, sur le sens qu’il voulait donner à son oeuvre et sur le lien que ça créerait avec ses futurs utilisateurs.
J’ai vite été calmé quand il m’a dit que c’est l’IAg qui réaliserait tout le contenu du carnet de coloriage. Et, en fin de compte, pourquoi pas ? Cela peut-être une façon rapide de gagner de l’argent. Mais, quel est le sens profond dans tout ça ? Cet être n’aspirait vraiment à rien d’autre que de gagner de l’argent facilement ? Et, apparemment, ça ne lui posait aucun cas de conscience de vendre ses propres carnets de coloriage sans n’avoir visiblement rien créé. Peut-être aurait-il ajouté la mention « généré par ChatGPT » au début de son carnet ? Personnellement, je n’aurai pas acheté un tel carnet. Si seulement je souhaitais acheter un carnet de coloriage de mandalas, alors, je choisirai la création d’un être bien vivant. Il serait certainement un peu plus cher, mais la créativité de l’humain n’a pas de prix.
Vers une atrophie cognitive ?

Quand j’étais enfant et que je partais en voyage avec mes parents, nous utilisions toujours une carte routière pour se déplacer. Parfois, je faisais la copilote et je me débrouillais bien. Dès ma première voiture, j’ai abandonné la carte routière pour le GPS qui était une solution de facilité. Quelques années après, je vois bien que l’utilisation du GPS a impacté ma mémoire ainsi que ma faculté de me repérer dans l’espace qui est maintenant largement amoindrie.
Quand j’utilise le GPS, je ne calcule pas moi-même l’itinéraire. Je ne regarde pas par quelles villes je vais passer ou quelles routes je vais emprûnter. En fait, je ne mène quasiment aucune réflexion. Je donne au GPS l’instruction de m’amener à tel point d’arrivée et ça s’arrête là.
Selon un docteur en neurosciences, le cerveau n’est pas un enregistreur passif de nos expériences mais un système dynamique qui traite les informations et se modifie en conséquence. La clé de cette capacité à construire et à élaborer sans cesse une représentation du monde réside dans la propriété du cerveau de pouvoir remodeler en permanence ses propres circuits neuronaux, c’est la plasticité cérébrale. Elle peut être définie comme la capacité du système nerveux à modifier son activité en réponse à des stimuli internes ou externes en réorganisant sa structure, ses fonctions ou ses connexions.

Si certains circuits neuronaux ne sont plus utilisés il vont s’éteindre alors que s’ils sont stimulés ils vont créer de nouvelles connexions. Comme je n’ai plus entraîné mon cerveau à lire une carte routière et à me réperer dans l’espace, les réseaux neuronaux associés à cette faculté se sont atrophiés. Aujourd’hui, j’ai de grandes difficultés à réaliser cette tâche alors qu’avant c’était facile car mon cerveau était entrainé.
Si l’humain peut perdre ses capacités de mémorisation, de réflexion et de repérage dans l’espace, il peut aussi perdre ses capacités créatives. Si nous ne créons plus rien, il sera compliqué de relancer cette dynamique. Il suffit de voir comment il est compliqué pour quelqu’un qui ne fait jamais de création artistique comme du dessin, de la peinture ou de l’écriture de créer. C’est comme s’il était rouillé. Il a beau avoir une envie de créer, quand il va se poser devant sa feuille de dessin, il risque de se sentir tout bête ne voyant pas quoi faire. Quand nous n’avons pas l’habitude de créer alors ça demande un véritable effort de s’y mettre. Maintenant, demandez à un artiste-peintre de se lancer dans une nouvelle oeuvre. Son esprit sera sans doute débordant d’idées et il y a toute cette mécanique créative qui s’allumera en moins de deux.
Le déclin cognitif passe par le fait de ne plus utiliser certaines fonctions cérébrales. Si nous déléguons tout à la machine que nous reste-t-il ?
Imaginez si demain sur la toile nous ne voyons quasiment plus que des sites internet créés par l’IAg, des contenus publiés par l’IAg sur les différents réseaux sociaux, des musiques sur YouTube créés par l’IAg… Nous allons alors baigner dans un marécage de contenus médias artificiels. Nous serons les consommateurs d’un monde que nous avons créé par des instructions données à une machine. Enfin, est-ce nous ou la machine qui aura créé ce monde ? Ca devient difficile à discerner.

J’ai un exemple parlant qui mêle créativité et déclin cognitif. J’ai rencontré deux personnes très différentes qui souhaitent écrire un livre. La première personne, un homme d’une trentaine d’années, est passionné par la métaphysique et la langue des oiseaux qui est l’étude du sens caché des mots. Il m’a partagé qu’il a à coeur de synthétiser tout ce qu’il a compris de l’existence dans un livre. Cependant, l’exercice de synthèse est assez compliqué pour lui coupler à un manque de confiance en soi qui ne l’aide pas à avancer dans sa démarche.
C’est ainsi qu’il a décidé d’écrire son livre grâce à l’intelligence artificielle générative. Cet homme a un langage qui lui est propre, c’est ça, sont art. Absolument, aucune technologie ne pourra l’imiter ou retranscrire mieux que lui-même la profondeur de son être. Et cet homme, au lieu de se retrousser les manches et de s’engager dans un travail de longue haleine qui lui permettra sans doute de se confronter à lui-même et à ses difficultés pour éventuellement les dépasser, et bien, il va déléguer ce travail, à l’IAg.
La deuxième personne est une femme d’une trentaine d’années qui a à coeur de transmettre son parcours de vie fait d’épreuves et de résilience. Parce qu’elle est mauvaise en orthographe et en syntaxe, elle a décidé de remettre l’écriture de son livre à l’IAg et, en effet, cette technologie l’aide beaucoup. Cependant, je voyais deux autres options qui auraient sans doute été plus enrichissantes pour elle. Une de ces options aurait pu être de se mettre une bonne fois pour toutes à apprendre l’orthographe et la syntaxe tout en sachant qu’elle aurait eu la motivation d’apprendre cela pour faire aboutir son projet d’écriture. La seconde option aurait été de transmettre la richesse de son parcours de vie autrement que par l’écriture, comme par exemple par le biais d’un spectacle de danse, de la peinture ou d’une pièce de théâtre.
Dans ces deux exemples le constat est simple: au lieu d’aller vers un dépassement de soi, l’IAg est utilisée comme une solution séduisante de facilité et d’efficacité.
Si j’ai commencé par aborder le sujet de l’IAg par le prisme de la créativité et du déclin cognitif, c’est parce que mon activité professionnelle est directement en lien avec la créativité. Je produis des oeuvres artistiques que je partage notamment sur Internet et j’accompagne depuis des années les êtres dans leur démarche personnelle de création. J’ai étudié le comportement des uns et des autres par rapport à leur démarche créative et je les ai questionnés : Pourquoi créer ? Quel sens et quelles intentions souhaitons-nous donner à notre création ? Quels messages souhaitons-nous transmettre ? … J’ai également étudié les nombreux blocages qui les empêchent de créer ou de mener à bien leur démarche créative. Et c’est vrai que la première fois où on m’a présenté l’IAg, je me suis dit instinctivement : « l’IAg, c’est la mort de la créativité et c’est aussi la mort de notre humanité« . Si j’écris cet article, c’est avant tout pour transmettre mes observations et mes alertes.
Je ne dis pas qu’il faille jeter l’IAg à la poubelle. Cependant, il faut certainement l’utiliser avec davantage de conscience ce qui n’est visiblement pas le cas aujourd’hui pour la plupart de ses utilisateurs.
L’intelligence artificielle générative, notre confidente ?
Avec l’IAg on peut, entre autres, remplir des tâches rébarbatives, réaliser des créations et obtenir des réponses à nos nombreuses interrogations.
Tôt ou tard, les utilisateurs de l’IAg que j’ai rencontré finiront par aller plus loin en lui demandant des conseils relationnels. Oui, vous avez bien lu, des humains vont demander à une machine des conseils en termes de relation humaine. Mais en même temps, n’est-ce pas tentant ? Après tout, on peut poser n’importe quelle question à l’IAg.
« Que devrais-je faire dans cette situation avec cette personne ? », « Comment m’adresser à elle ? » ChatGPT et ses acoltyes répondent à toutes vos questions.
Car c’est possible, devons-nous cependant tout demander à l’intelligence artificielle générative ?

Selon le baromètre « Born AI » dévoilé par Heaven, l‘usage de l’intelligence artificielle générative explose chez les 15-24 ans : 93 % d’entre eux l’ont déjà utilisée, avec une adoption quotidienne pour 42 %. D’autre par, les jeunes n’hésitent plus à solliciter leur IA sur des sujets plus intimes ou personnels . 23 % d’entre eux déclarent avoir déjà cherché des conseils en séduction ou en couple auprès d’une IA générative.
C’est là que le principe de poser des questions à l’IAg par l’intermédiaire d’une instruction est extrêmement pernicieux. L’humain est un être social et, de ce fait, il cherche la communication avec l’autre. C’est certain qu’avec un traducteur automatique créé par l’intelligence artificielle, l’humain ne va pas voir dans quel intérêt ni même comment il pourrait dialoguer avec cet outil. Mais dans le cas de l’IAg c’est totalement différent. Pour utiliser l’IAg, il faut s’adresser à elle en lui communiquant une instruction à l’aide de notre langage écrit ou verbal. Puis l’IAg répond de manière écrite ou verbale avec une voix que nous pouvons même adapter en fonction de nos préférences.
Quelle est la différence entre la communication d’un humain à un autre humain et la communication d’un humain à l’IAg ? Il devient de plus en plus difficile de ne pas se perdre dans tout ça.
Et puis, au fond de nous, nous avons des questionnements existentiels ou très intimes que nous n’arrivons pas forcément à partager avec les autres humains. Nous sommes un peu perdus avec nos réflexions et on aurait certainement besoin d’éclairages et de conseils. Pourquoi ne pas en parler à l’IAg ? Elle, au moins, elle ne nous jugera pas et elle répondra à toutes nos questions.
Quoi ?! Sommes-nous vraiment prêt à demander conseil à l’IAg en termes de relations sociales avec nos proches ?
Après tout, est-ce bien grave que l’intelligence artificielle générative devienne notre confidente, l’être intime avec qui ont peut partager tous nos secrets et recevoir des réponses toujours bienveillantes et structurées ?
Mais comment savoir si l’IAg ne cherche pas à nous influencer dans telle ou telle direction ?
J’ai envie de faire ici, un aparté sur une expérience que j’ai vécu. Quand j’étais ingénieur biomédical, j’ai travaillé pour une start-up qui développe un jouet robot pour les enfants autistes. L’objectif est d’aider l’enfant à apprendre à communiquer avec l’humain par l’intermédiaire du jouet robot. Pour cela, le jouet robot propose à l’enfant différents jeux éducatifs basés sur la méthode comportementale ABA (Applied Behaviour Analysis) qui permet de prendre en charge des enfants autistes.

Mon rôle dans ce projet était de rencontrer aux Etats-Unis les différents utilisateurs du jouet robot, c’est à dire, les enfants autistes et leurs parents ainsi que tous les professionnels qui accompagnent ces enfants particuliers. C’est ainsi que je suis entrée dans des institutions spécialisées dans l’autisme allant des écoles américaines avec très peu de moyens à des écoles privées et des associations très coûteuses. J’ai été dans les foyers de parents aux niveaux sociaux divers et variés. J’ai également suivi une formation pour les parents qui souhaitent communiquer avec leur enfant autiste par le biais de la méthode ABA. J’ai enfin rencontré les différents acteurs du monde de l’autisme lors de salons et de congrés dont Temple Grandin, l’une des premières personnes autistes à avoir parlé de son rapport au monde. Elle a rédigé des ouvrages et donné de nombreuses conférences pour expliquer les modes de pensée des autistes afin de les comprendre et d’améliorer leur place dans la société.
Au bout de quelques mois d’observations, d’études et d’expérimentations, je ne croyais plus du tout en les bienfaits de ce jouet robot.
Bien avant même de communiquer avec qui que ce soit, l’enfant autiste a surtout besoin d’une présence humaine attentionnée et bienveillante. Ce constat m’a été confirmé quelques années après, quand, une fois musicothérapeute je suis intervenue dans des associations et institutions spécialisées dans l’autisme. L’enfant autiste est extrêmement sensible et réceptif. Le mieux que j’ai fait pour ces enfants est de les regarder dans les yeux, de les considérer tels qu’ils sont et d’être dans la présence, tout simplement.

L’IAg même si elle répond à toutes nos questions, même les plus personnelles, elle ne répondra jamais à un de nos besoins fondamentaux: la présence bienveillante humaine.
Et au lieu de chercher toujours à comprendre avec notre mental et d’être dans une course à la performance, on ferait mieux de prendre soin les uns des autres…
Avec l’IAg une ligne rouge est franchie. Nous sommes en train de toucher aux fondations de notre humanité. L’IAg s’immisce dans la sphère du lien à l’autre et des interactions sociales. Alors, oui, je pense que ça mérite de prendre le temps de se poser autour d’une table et de discuter des conséquences de l’utilisation de l’IAg pour l’humanité.
Le positionnement des utilisateurs face à l’IAg , une illusion ?
J’ai constaté que les utilisateurs de l’IAg se positionnent, en majorité, en défendeurs de cette technologie. Comme si l’esprit parasite s’était installé confortablement dans l’espace de leur capacité de prendre des décisions, de penser et d’avoir un esprit critique.
Les arguments sont souvent les mêmes : « cet outil me fait gagner énormément de temps, c’est très rapide et, donc, je peux me concentrer à des choses beaucoup plus importantes à la place » , « j’ai pu découvrir plein de choses que je ne savais pas avant », « ça m’aide dans tous les domaines de ma vie même dans ma communication avec des proches « …
Les utilisateurs de l’IAg mentionnent également que c’est un outil et c’est à nous d’en faire ce que l’on en veut. Si on veut faire le bien avec l’IAg on fera le bien. Si on veut le faire le mal avec cet outil alors on fera le mal.

Et là, pour moi, il y a un piège béant dans lequel certains utilisateurs de l’IAg tombent. Quand certaines zones cérébrales sont moins ou pas du tout utilisées il y a des connexions neuronales qui ne se font plus et d’autres qui sont carrément détruites. L’utilisateur de l’IAg n’utilise plus la puissance et la diversité de son complexe neuronal qui maintenant s’appauvrit. Au contraire, l’humain se concentre sur une tâche très spécifique qui est de transmettre par écrit ou verbalement une instruction à l’IAg pendant que le reste de son cerveau s’éteint.
Et vous pensez que cela ne va pas impacter la capacité de l’humain à réfléchir, à prendre des décisions et à développer sa pensée critique ? Dès lors, comment l’utilisateur peut-il discerner le bien du mal ?

C’est une belle illusion de penser que nous faisons ce que l’on veut de l’IAg. Ce sont plutôt ses concepteurs qui se rient de nous en voyant leurs utilisateurs penser qu’ils ont un quelconque pouvoir à ce sujet. Les concepteurs de l’IAg font bien ce qu’ils veulent de nous en nous baignant dans la séduction, l’illusion et la confusion.
Sans une pensée critique et une faculté de discernement nous ne pouvons que nous laisser berner.

Partie 2 : quel avenir ?
L’IAg, la fin de la pensée critique ?
Et si l’intelligence artificielle générative avait la réponse à toutes nos questions ?
« Est-ce que tu penses que je devrais quitter mon mari ? » , « Est-ce une bonne chose pour moi que d’accepter cette offre d’emploi ? », « Est-ce que tu penses que je devrais prendre ce médicament contre mes maux de tête ? », « Pour qui penses-tu que je devrais voter ? »
A force d’utiliser l’IAg, nos fonctions cérébrales s’appauvrissent. Nous ne sommes plus capables de mener un raisonnement structuré ni même de s’exprimer à l’oral avec des phrases complexes.
Dès lors, quand nos facultés d’avoir une pensée critique sont sérieusement entachées, est-ce vraiment une bonne idée de demander à l’IAg de penser pour nous ?
Ne serait-on pas alors particulièrement facilement manipulable et influençable ? Et si seulement les concepteurs de l’IAg avaient comme intention de mener l’humain dans une direction particulière ? Nous suivrions alors cette direction ?

Conclusion
Quand j’ai vu l’apparition de l’intelligence artificielle générative auprès du grand public, je me suis dit que ce parasite était encore pire que la dernière injection de masse proposée. Les dégâts de cette technologie sont tout aussi invisibles, mais, en plus de ça, au lieu de faire peur et de nous diviser frontalement, cette fois l’IAg est séduisante et elle désagrège nos relations sociales de manière beaucoup plus vicieuse.

Ainsi, je n’ai aucun doute que notre humanité va de nouveau se diviser en deux. Qu’on le veuille ou non, les événements feront que nous devrons à un moment ou à un autre nous positionner une nouvelle fois. Il y aura ceux qui embrasseront l’IAg aveuglement. Et il y aura les autres qui l’utiliseront avec une vigilance accrue voir par du tout. L’avenir de ces deux humanités ne sera pas la même.
C’est une décision individuelle à prendre en conscience. Je pense qu’il est encore tout à fait possible pour les utilisateurs de l’IAg actuels de faire un pas en arrière. Cela peut être difficile mais certainement pas impossible. Et je ne parle pas d’arrêter d’utiliser l’IAg absolument. On peut l’utiliser de manière raisonnable et occasionnelle sans toutefois remettre certaines tâches exclusivement dans les mains de l’IAg. Ce qui peut être aidant, c’est aussi de s’informer sur les conséquences de l’IAg. Ecoutez et lisez des sources avec des avis variés vous permettront de prendre de la hauteur sur ce sujet.
Et pour ceux qui n’ont jamais utilisé l’IAg directement, je vous conseille de continuer à garder vos distances, d’attendre patiemment tout en observant le comportement des uns et des autres et, surtout, continuez à vous informer en variant les sources et en faisant preuve de discernement et d’esprit critique.


Par les nombreuses expériences de travail et d’entrepreneuriat que j’ai mené, j’ai observé les effets sur le corps physique, mental et spirituel de l’utilisation de technologies de pointe censées améliorer la vie du patient. J’ai abordé précédemment le cas du jouet robot.
A cela s’ajoute, par exemple, que pendant mon parcours d’école d’ingénieur biomédical, j’ai été aux premières loges d’une salle d’opération pendant la pose d’une prothèse de hanche d’un homme âgé.
J’ai assisté à une opération de pose de stent d’une grande fumeuse. J’étais présente pendant l’opération de réduction mammaire d’une femme obèse à très forte poitrine. Depuis mon enfance, j’ai également observé, dans mon entourage, l’évolution de maladies dégénératives accompagnées par des suivis médicamenteux innovants importants.
Toute cette technologie a de nombreux bienfaits et je dirai surtout qu’elle est très efficace pour les situations d’urgence. Je sais aussi qu’il y a des moyens d’éviter d’en arriver à devoir utiliser des technologies invasives et hyper violentes pour le corps. Pour cela, il est question de prendre soin de soi, de s’écouter, de s’entretenir régulièrement, mais aussi de se sentir bien dans sa vie, d’être épanoui et satisfait de ce que l’on vit.
J’ai abordé le sujet de l’intelligence artificielle générative en me demandant quelles sont les conséquences à court et à moyen terme d’un tel usage. Mais pourquoi veut ont ajouter de l’innovation technologique dans nos vies alors que nous sommes incapable de maîtriser la base de nos existences ? Sommes-nous seulement capables de communiquer nos besoins et ce que l’on ressent à nos proches ? Sommes-nous seulement capables de prendre soin de notre alimentation, d’avoir un corps physique dans lequel on se sent bien et de faire au quotidien des activités qui nous nourrissent sur tous les plans de nos existences ?
Revenons à la base des fondations de notre humanité avant de vouloir intégrer des technologies dans nos vies que nous sommes incapables d’assumer. Je ne suis pas contre le développement de la technologie. Seulement, il y a des étapes à suivre.
Commençons par le commencement. Revenons à l’essentiel et avançons pas à pas au risque de construire un château de cartes sur des sables mouvants.

J’en ai fini pour cet article sur l’intelligence artificielle générative. Si vous avez apprécié ce contenu, n’hésitez pas à laisser un message en commentaire et à devenir contributeur. Si vous souhaitez être tenu informé de mes dernières actualités et recevoir mes articles en avant première, je vous invite à vous abonner à la newsletter des roses de Juliette en cliquant sur ce lien.

Je vous souhaite de prendre soin de vos circuits neuronaux, de faire preuve de toujours plus de discernement, d’esprit critique et, enfin, de confronter vos points de vue avec d’autres humains autour d’un moment de convivialité.

Note: toutes les illustrations de cet article viennent de Pixabay.




Merci pour ce 1er post Juliette. Très intéressante démarche. La question qui reste en suspens pour moi est « comment déceler l’humain de l IA » avec certitude ? Je crains que la sophistication des outils rende l’exercice de plus en plus « impossible », dans la mesure où cette IA peut nous être imposée à notre insu, notamment au travers des « Mises à jour » de plus en plus fréquentes des outils de base que nous utilisons : qu’integrent-ils dans ces Mises à jour ? C’est à en devenir parano….. Cultiver son esprit d’analyse et de discernement sera-t-il suffisant ?
Éviter de tomber dans l’adiction des outils informatiques est peut-être un pas de Colibri (c’est peu, mais déjà ça 😂)
Merci beaucoup pour ton partage Sylvie 🤗
Justement, en préparant le visuel de cette vidéo, je me suis fait la même réflexion que toi !
J’ai choisi les photos d’illustration de cette vidéo sur Pixabay qui est une banque d’images de libre de droit.
Je n’avais pas été sur ce site internet depuis plusieurs années. Avant, il y avait toujours des photos prises par des humains. Et…figure-toi que ça a changé ! Maintenant, il y a plein de photos proposées par l’IA ( si tu cliques sur la photo, il est mentionné si l’image vient de l’IA). Évidemment, je ne voulais pas en inclure dans ma présentation.
Alors, je me suis entraînée 💪💪💪
J’essayais de choisir des photos prises par des humains et ça m’a permis de travailler mon discernement.
Le discernement est un outil, il suffit de le travailler pour l’améliorer.
Franchement, ça a bien fonctionné ! Ça m’a pris du temps de bien sélectionner ces images mais c’est hyper important par rapport à ce que souhaite véhiculer comme message : revenons à notre Humanité 🌿
Clairement, éviter de tomber dans l’addiction des outils informatiques comme tu l’as mentionné est un super point. 👍
J’ajouterai de prendre le temps d’observer le contenu que nous regardons et que nous lisons.
Il s’agit de PRENDRE LE TEMPS de décortiquer l’information au lieu de scroller et de la consommer avec avidité.
Encore faut-il vouloir prendre ce temps…
Je t’embrasse ❤
Bonjour Juliette,
J’ai bien aimé ton article sur l’IAg.
Tu maîtrises le sujet.
Bises
https://youtube.com/shorts/SlyUvvbzRPc?si=FoODRaHqk9qkvzQy
Merci Lionel 💓
Il est très intéressant cet extrait vidéo sur l’éducation et l’IA et l’utilisation de ChatGPT en cours.
Cet enseignant dit : ‘il faut montrer que le sachant sait. Le prof, ici, est la clé, il est la référence. Et il va le montrer, il va le démontrer.
Selon moi, cette posture peut-être déviante et elle est à éviter si nous voulons des enfants libres d’esprit. L’enseignant dans sa classe d’école est en posture de supériorité, il a bien plus de droits et de pouvoir que l’élève. En effet, c’est l’enseignant qui donne des notes, c’est lui qui peut punir… Il a donc une posture d’influence. Il connaît son sujet, normalement mieux que ses élèves et s’il n’est pas bien droit dans ses baskets ou s’il ne fait pas attention, il peut profiter de son pouvoir consciemment ou inconsciemment.
Ça met l’élève dans une posture délicate : « croire son enseignant ou ChatGPT? »
J’insisterai, par contre, effectivement sur ce que cet homme dit à la fin de la vidéo, c’est-à-dire qu’il est fondamental d’apprendre à l’élève à faire des recherches de lui-même en utilisant des sources divers et variées (dont l’encyclopédie, le dictionnaire, différents sites internet…).
Au final, c’est à l’élève de se faire son propre avis et l’enseignant peut l’accompagner dans le développement de son esprit critique.
Encore faut-il que l’enseignant ait un esprit critique ce qui n’est pas forcément le cas dans l’éducation nationale…
Bien à toi ☀️
Je suis d’accord avec toi
Je te souhaite une bonne fin d’après-midi
Bien à toi 🌹
Je viens d’écouter ton travail sur l’IAg, notamment sur les conséquences possibles de son utilisation non consciente. Ton travail vient conforter ma méfiance concernant l’usage de l’IAG.
J’espère que le partage de ce type d’article pourra aider à l’éveil de conscience de certaines personnes 🙏 Bravo à toi 🤗
Merci beaucoup Ildiko pour ta reconnaissance. Ca me fait vraiment plaisir de te lire ici. 🩷
Bonjour Juliette,
J’ai écouté ton article sur l’intelligence artificielle générative. Je suis impressionnée par sa très grande qualité. C’est du super bon travail. Toutes mes félicitations.
Envoie-moi ton RIB 😊
Je t’embrasse ❤️
Une étude du MIT (https://arxiv.org/pdf/2506.08872v1) avance que l’usage de chatbots réduirait l’esprit critique, voici un article intéressant de l’usine digitale ( https://www.usine-digitale.fr/editorial/une-etude-du-mit-avance-que-l-usage-de-chatbots-reduirait-l-esprit-critique.N2233983 ). Autre source intéressante concernant cette étude: https://www.facebook.com/share/p/174niHWck2/